L’IA et les auteur·ices — outil, tentation ou menace ?

Difficile de ne pas céder à la tentation de l’IA tant elle nous entoure, que ce soit pour l’écriture ou la génération d’images. Je traîne sur les forums de bêta-lecteurs. Et même si une majorité s’accorde à dire que l’IA est un outil aussi puissant que dangereux, une minorité silencieuse doit bien l’utiliser à outrance.

Un outil d’accessibilité, avant tout

L’IA représente pour moi une superbe opportunité pour toutes les personnes qui ont d’énormes difficultés avec l’orthographe et la grammaire : pouvoir écrire et partager leur récit. L’IA corrige tout, jusqu’à la petite virgule manquante.

Le problème, selon moi, c’est quand on laisse l’IA prendre trop de droits. Combien de livres ont-ils été remaniés par l’IA ? Combien de mots, de paragraphes ou de chapitres ont été soit entièrement remaniés, soit totalement écrits par elle ?

Et les images… quelle drogue numérique !

Un croquis qui ne valait rien, un extrait de mon livre, et voilà Gemini qui entreprend l’illustration d’un personnage sorti tout droit de mon imagination. C’est l’expérience qu’un ami a faite avec mon croquis que j’avais posté sur les réseaux. Ni une ni deux — moi aussi je veux tester cet ogre du graphisme.

Un croquis du centre Coriandes, un extrait, et c’est parti mon kiki !

Incroyable !

Cette drogue numérique va faire passer n’importe quel noob au rang d’artiste illustrateur de renom. J’ai la chance d’avoir une amie artiste qui s’est gentiment proposée pour réaliser ma première de couverture. Ce projet de ma vie se transforme jour après jour en projet collaboratif avec des amies — deux qui corrigent, une autre qui illustre. Je me sens un peu moins seul, épaulé. Ça prend du temps, on échange, on partage.

Mais celles et ceux qui n’ont pas cette chance peuvent aujourd’hui être épaulés par ces machines, et peut-être faire des choses encore plus dingues qu’avec des humains.

La réalité face au débat

Alors oui, j’entends les arguments : « Les IA ne font que recopier l’existant », « Les IA se sont entraînées sur le travail des humains »… La réalité est sous mes yeux. En dix minutes, la machine digne de Skynet a produit quelque chose de malade, alors que moi — fort de mes deux fois vingt ans — je n’aurais jamais eu ces capacités d’illustration ou de correction orthographique. Et les IA grandissent et se développent aussi vite que du chiendent.

Ma position — et mes peurs

Je suis reconnaissant envers l’IA. Des personnes comme moi, dyslexiques et dysorthographiques, arrivent à écrire des romans grâce à cette aide. C’est précieux. Mais j’ai peur qu’aujourd’hui les IA prennent trop de place dans la création — que ce soit pour des œuvres, des articles, des illustrations. La frontière entre outil et remplacement devient de plus en plus floue. Et je ne sais pas trop où on va.

Widalkand
Auteur de La Valse des Chimères

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